Simone de Beauvoir, qui est-elle vraiment ?

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir est une femme de lettres, philosophe, essayiste et romancière française qui a su se faire un nom parmi le cercle très sélect majoritairement masculin de l’art de l’écriture. Mais outre la philosophe accomplie, qui était-elle vraiment ? Retrouvez la biographie de Simone de Beauvoir, de sa jeunesse à son heure de gloire, sur le plan professionnel et sentimental…

La jeunesse de celle qui sera une figure du féminisme

Simone de Beauvoir, de son vrai nom Lucie Ernest Marie Bertrand de Beauvoir, voit le jour le 9 janvier 1908 à Paris, boulevard de Montparnasse. Issue d’une riche famille, elle connaît une enfance heureuse. La jeune Beauvoir reçoit alors une éducation bourgeoise, très stricte également. Dès son plus jeune âge, on remarque ses capacités intellectuelles : à 4 ans seulement, elle sait déjà lire, et elle écrit deux romans avant même ses 10 ans. La faillite du grand-père maternel (banquier) de Simone de Beauvoir prive la famille de toutes ressources ; mais grâce à son père, la jeune fille commence à avoir le goût pour la littérature. Entre-temps, elle fait la connaissance d’Élisabeth Lacoin, dite Zaza, avec qui elle se lie d’une amitié fidèle. La disparition brutale de son amie, à seulement 22 ans, affecte beaucoup la jeune Simone de Beauvoir. À 14 ans, elle s’éloigne des idées de sa famille (fervente catholique) en devenant athée. Elle décide dans le même temps de devenir écrivain. Ayant eu son baccalauréat, Simone de Beauvoir suit des études de mathématiques, de philosophie et de lettres. Elle est reçue deuxième en 1929 au concours d’agrégation de philosophie, avec une note de 85,5, derrière le jeune Jean-Paul Sartre, qui a eu 87,5. Elle rencontre alors le lauréat du concours, qu’elle ne quittera plus…

Une rencontre… pour la vie

Le 8 juillet 1929, Simone de Beauvoir rencontre Jean-Paul Sartre lors du concours d’agrégation à la faculté des lettres de l’université de Paris. Rapidement, ils ne se quittent plus ; ils passent des journées entières ensemble, dissertant sur leurs aînés, comme Rousseau et Leibniz. Ils commencent alors à entretenir une relation à la fois amoureuse et de collaboration qui durera plus de cinquante ans. Toutefois, Simone de Beauvoir refusera la demande en mariage de Sartre. En effet, étant séparés par leur poste respectif, l’une est enseignante à Marseille, l’autre au Havre, Sartre voulait se rapprocher d’elle. Mais reçoit finalement un non catégorique, sa belle croyant que le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales (La Force de l’âge). Malgré ce refus, ils trouvent le moyen de se reprocher une année plus tard. Ils ont également une relation pleine de controverse. Simone de Beauvoir, surnommé Castor, s’autorisant quelques libertés, notamment en entretenant des relations peu glorieuses avec certaines de ses élèves.

Simone de Beauvoir partage également avec Jean-Paul Sartre la passion pour la littérature, ainsi que l’idéologie communiste. Ainsi, elle voyage beaucoup dans des pays où elle rencontre des dirigeants et personnalités communistes tels que Mao Zedong, Fidel Castro, etc.

Ses œuvres remarquables

En 1943, Simone de Beauvoir décide de mettre fin à sa carrière d’enseignante pour se consacrer entièrement à l’écriture. Elle écrit alors des romans tels que L’Invité (1943), Le Sang des autres (1945), Les Mandarins (1954) qui a reçu le prix Goncourt la même année, ou La Femme rompue(1967). Elle se met aussi aux essais, ainsi elle publie en 1944 Pyrrhus et Cinéas, puis Pour une morale de l’ambiguïté en 1947. En 1949, elle se fait un nom en publiant son essai féministe intitulé Le Deuxième Sexe. Le féminisme moderne fait de cet ouvrage sa référence, et considère son auteur comme une théoricienne du mouvement pour l’égalité des sexes et la libération de la femme. S’ensuivent les Privilèges en 1955, puis La Longue Marche en 1957. Elle a publié également une série d’autobiographies. On peut citer entre autres les Mémoires d’une jeune fille rangée et La Force de l’âge, sortis respectivement en 1958 et 1960. Mais également La Force des choses (1963), Une mort très douce (1964), Tout compte fait (1972) ou encore La Cérémonie des adieux suivi d’Entretiens avec Jean-Paul Sartre (1974). Simone de Beauvoir s’est également essayée au théâtre, on connaît notamment Les Bouches inutiles, écrits en 1945.

En plus de passer son temps à écrire son manuscrit, la compagne de Jean-Paul Sartre fonde avec son homme et quelques intellectuels la revue philosophique et politique Les Temps modernes, où elle fait partie du comité de rédaction. Ils y dénoncent particulièrement la guerre d’Indochine et le colonialisme. Simone de Beauvoir a aussi joué un rôle majeur, avec Élisabeth Badinter ou encore Gisèle Halimi, dans les combats pour la reconnaissance des tortures subites par les femmes lors de la guerre d’Algérie.

La fin de vie d’une femme de lettres engagée

À partir de la mort de Jean-Paul Sartre en 1980, le Castor se plonge dans une dépendance à l’alcool et à d’autres substances. Sa santé se détériore petit à petit. Et à l’âge de 78 ans, le 14 avril 1986, six ans après la disparition de son compagnon, Simone de Beauvoir meurt à Paris. L’infatigable militante de l’égalité des sexes et de la libération des femmes laisse derrière elle ses œuvres et sa belle écriture, ainsi qu’une orpheline, Sylvie Le Bon de Beauvoir, une étudiante en philosophie qu’elle a connue en 1960, et qu’elle a adoptée. Elle lui lègue toutes ses œuvres littéraires. Elle repose maintenant dans la même tombe au cimetière de Montparnasse aux cotés de celui avec qui elle ne s’est jamais mariée, mais qu’elle a aimé depuis une cinquantaine d’années…

 

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